Les traditions prennent une place centrale dans notre quotidien et dans nos églises. Elles sont même, dans un sens, rassurantes. Mais attention : à force de les suivre aveuglément, nous risquons de passer à côté du plan de Dieu pour notre vie.
Plusieurs fois par an, nous célébrons toutes sortes de fêtes. Que ce soit Noël, Pâques ou toutes les autres dates spéciales comme la fête des Mères, des Pères, l’Action de grâce, etc. À chacune de ces fêtes, nous avons nos petites traditions. Pour certains, c’est le sapin à Noël, le brunch pour Pâques ou la dinde à l’Action de grâce. Nous nous mettons souvent beaucoup de pression pour perpétuer les traditions familiales. Même si nous disons que nous faisons tout cela pour honorer nos familles, il faut l’avouer, il y a aussi une bonne part de réconfort à suivre les traditions.
Sans s’en rendre compte, nous suivons aussi toutes sortes de traditions au quotidien. Même les églises qui se disent les plus modernes suivent aussi une sorte de protocole qui honore de belles traditions. Lorsque nous savons ce qui va se passer dans un culte dominical, nous pouvons davantage nous concentrer sur la personne au centre de ces traditions : Christ (ou du moins, c’est ce que nous devrions faire). C’est peut-être en partie pour ça qu’aller à l’église nous apporte autant de réconfort.
Nous pouvons même dire que les traditions s’infiltrent aussi dans nos pensées. Notre famille a toujours pensé cela, alors nous pensons la même chose. Pour illustrer ce propos, on raconte souvent l’histoire de la jeune fille qui se demandait pourquoi il fallait couper les deux bouts du rôti de bœuf avant de le faire cuire : il a l’air si petit dans sa grande rôtissoire. Sa mère lui répond : “Parce que ma mère a toujours fait ça!”. Alors, la jeune fille demande à sa grand-mère pourquoi elle faisait ça. Et sa grand-mère lui répond : “Parce que ma mère aussi faisait toujours ça.” Alors, la jeune fille pose la même question à son arrière-grand-mère et celle-ci lui répond : “Parce qu’à l’époque, ma rôtissoire n’était pas assez grande”. Lorsque nous perpétuons une tradition sans nous poser de questions, nous pouvons être perdants.
C’est ce que nous retrouvons dans une des répliques des amis de Job, dans le livre qui porte son nom. Bildad dit à Job de se repentir, parce que si nous nous fions à la tradition des anciens, la raison pour laquelle tout va mal dans sa vie c’est parce qu’il a péché. Nous savons, en lisant toute l’histoire, que ce n’était pas le cas pour Job. Sa souffrance n’était pas le résultat de ses péchés. Mais Bildad se confiait dans la tradition pour expliquer la situation de Job. “Interroge ceux des générations passées, sois attentif à l’expérience de leurs pères. Car nous sommes d’hier, et nous ne savons rien, nos jours sur la terre ne sont qu’une ombre. Ils t’instruiront, ils te parleront, ils tireront de leur cœur ces sentences” (Job 8:8-10 LSG). Nous tirons effectivement beaucoup de sagesse de l’expérience de ceux qui nous ont précédés, et suivre exactement leur enseignement peut être réconfortant. Mais il faut toujours garder le cœur ouvert au Saint-Esprit. Notre situation peut être différente de celle de nos ancêtres.
Nous entendons souvent les mêmes messages “d’encouragement” donnés aux célibataires, tel que “si tu fais la volonté de Dieu, Il va te donner ton mari”, ou “sois patient, ton épouse va venir”. S’il y a de belles leçons à considérer dans ces paroles, il faut aussi être ouvert au Saint-Esprit pour diriger nos pas vers un futur mariage. Ce n’est pas parce que nos parents ou nos leaders spirituels ont fait ceci ou cela pour rencontrer leur partenaire de vie que nous devons suivre les mêmes étapes. Il en va de même pour nos traditions culturelles. Ce n’est pas parce que dans notre culture les femmes ne parlent pas aux hommes que ces traditions sont notre voie à suivre aujourd’hui. Suivre les traditions peut être réconfortant, mais suivre le plan de Dieu personnel pour notre vie est beaucoup plus efficace (Colossiens 2:8).

