Nous avons tous vécu des déceptions; des désirs qui ne se sont pas réalisés. Vaut-il mieux ne pas espérer pour ne pas être déçu? Non, l’espoir est une force indispensable à notre vie. Les déceptions ne doivent pas nous arrêter, mais nous amener à faire quelques ajustements.
La Bible raconte plusieurs histoires d’espoir brisé, de rêves non réalisés. Ces histoires nous réconfortent en nous montrant que nous ne sommes pas seuls dans cette situation. Des histoires où les gens ont placé leur foi en Dieu et leur espoir dans un avenir meilleur. Ils se sont même appuyés sur la Parole de Dieu et attendent la réalisation de cet espoir. Mais le temps passe et rien ne se réalise. Pour les disciples sur le chemin d’Emmaüs, leur espoir était même mort sur une croix. “Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées” (Luc 24:21 LSG). Leur espoir de délivrance était mort. Ils étaient donc sur le chemin du retour. Un retour à leur ancienne vie.
Célibataires, nous avons cru dans les promesses de mariage. Nous avions la foi en Dieu et l’espoir d’une vie différente. Puis, nous fêtons nos 40 ans, nos 50 ans, et toujours rien. Ou nous rencontrons un charmant célibataire et nous nous imaginons déjà finir nos jours à ses côtés, et ce dernier nous abandonne. Ou encore, nous avons cru aux promesses de prospérité financière prêchées par un pasteur, et la seule abondance que nous connaissons est l’abondance de factures. Nous avons confessé avec espoir et conviction les versets sur la guérison et notre bien-aimé est quand même décédé de sa maladie.
Avions-nous tort de croire? Avons-nous commis un péché impardonnable qui nous a coupé de la faveur de Dieu? Est-ce que la Parole de Dieu est une source fiable? Nous pouvons même nous demander si Dieu existe vraiment. Les disciples sur la route d’Emmaüs ont certainement ressenti la même déception, tristesse, incompréhension. Et comme eux, notre première réaction face à une déception sera de retourner à notre ancienne vie. Pierre était retourné pêcher, ce métier qu’il avait abandonné pour suivre Christ (Jean 21:2-14). Même les Israélites qui ne voyaient toujours pas la Terre Promise après plusieurs années dans le désert songeaient à revenir en Égypte. “Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Égypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx. Maintenant, notre âme est desséchée: plus rien! Nos yeux ne voient que de la manne” (Nombres 11:5-6 LSG).
Ce désir de retourner en arrière est naturel, mais ce n’est pas la solution. Face à une déception, à un espoir brisé, Jésus nous invite plutôt à renouer notre relation avec Lui. Il n’a pas laissé les disciples d’Emmaüs dans leur tristesse, Il a pris un temps spécial avec eux. Autour d’un repas, Jésus a réajusté leurs espérances. Il leur a expliqué à nouveau son plan parfait. C’est exactement ce que nous devons faire lorsque nous sommes déçus. D’abord et avant tout, déverser notre tristesse à Jésus et ensuite, écouter ses explications.
Pourquoi rêvions-nous d’un mariage? Pour ne pas être seul? Dieu a peut-être une autre façon de rencontrer nos besoins relationnels. Ou peut-être que Dieu veut utiliser notre célibat pour nous permettre de servir là où les gens mariés ne peuvent pas aller (1 Corinthiens 7:32-33) Pourquoi avions-nous espéré la prospérité financière? Peut-être était-ce pour assouvir un désir égoïste. En utilisant notre déception pour mettre la lumière sur nos intentions, nous allons discerner le plan parfait de Dieu. Et si Dieu voulait montrer sa bonté, son soutien, en étant présent avec nous dans le feu au lieu d’éteindre le feu (Daniel 3:25)? Parfois nous sommes tellement concentrés sur notre solution que nous ne voyons plus la main agissante de Dieu.
Dieu ne veut pas que nous arrêtions d’espérer pour éviter la déception. L’espérance est une force qui nous fait avancer, qui nous force à travailler notre caractère. La foi est de croire que Dieu est capable; l’espoir est de mettre nos efforts à la réalisation d’un rêve. Comme lorsque nous plantons des plants de tomates dans un potager. Notre espoir de faire d’excellentes sauces aux tomates nous motive à arroser et désherber (1 Corinthiens 9:10).
Les déceptions ne doivent pas nous arrêter d’espérer. Elles sont seulement une invitation à restaurer notre relation avec Dieu, à revenir à l’essentiel (Philippiens 4:11); à regarder au surnaturel et aux muscles spirituels que notre espérance a développés. “Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint Esprit!” (Romains 15:13 LSG) Espérer est un risque, mais c’est aussi le moyen par excellence de laisser Dieu former notre caractère en vue de la réalisation de Son plan parfait.

